Lorsque Mr.White et Mr.Orange entrent dans l'entrepot, on peut voir un
bus et 2 hommes de la production à l'exterieur.
Dans la version Française, lorsque Mr.Orange explique au
flic qu'il a infiltré le groupe,
il
parle des Brewers de Milwaukee, le flic réplique "les
joueurs de basket?".
Les Brewers sont en fait une équipe de
baseball.
Lorsque Mr.Pink court dans la rue, on voit les reflets du cameraman et
du perchiste dans les vitrines.
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le script de Reservoir Dogs
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Critiques
Critique Antoine Frin
Reservoir dogs,
présenté à Cannes hors-compétition fit
tomber les critiques telles que violence gratuite, language vulgaire,
dialogues sans intérêt... Mais peu à peu, les
critiques se bonifient, on parle autant de ce film que de la palme d'or
de l'année : Les meilleures intentions, de Bille August.
L'année 1992 marque l'arrivée d'un nouveau genre
cinématographique propre à son réalisateur :
Quentin Tarantino. Première véritable réalisation
et premier succès pour celui-ci, avec ce titre il signe de sa
patte l'Histoire du cinéma.
Mais en voyant cela on peut se demander comment ce film est devenu un
classique? Le simple fait que ce film indépendant et à
petit budjet ( 1.2 millions de dollars ) fasse parler Cannes suffirait
à repondre. Mais le réalisateur qui n'a pas 30 ans
à la sortie ne s'arrête pas là, il crée un
genre, son genre. Celui-ci est basé sur sa grande culture
cinématographique, en effet, chose primordiale dans son art et
que certains lui reproche encore, c'est qu'il se sert de choses
déjà faites pour en faire une nouvelle, ainsi ses
inspirations directes jusqu'aux petits clins d'oeil se basent sur des
sources indénombrables qui vont des grindhouse etats-uniens aux
films de sabre japonais. C'est dans Reservoir dogs que ce
révèle cette technique ainsi on peut voir des
inspirations diverses telles que Stanley Kubrick ou encore Jean Luc
Godard. Vous l'aurez compris le génie de tarantino ce n'est pas
de recracher ses réferences mais de les regrouper et d'y ajouter
sa touche.
Cette touche si spécifique à lui-même commence par
un travail sur la narration. Vous ne trouverez dans Reservoir dogs
aucunes ou seulement quelques bribes d'images du braquage, seul le
récit des personnages nous renseigne sur celui-ci : commence
alors ce qui est cher au cinéma tarantino, une narration en
puzzle, le film jongle entre scènes d'après et
scènes d'avant braquage notament par une présentation
individuelle de certains personnages : celle-ci essentielle à
notre compréhension. C'est d'ailleurs par ces personnages que le
réalisateur innove, tout son cinéma prend naissance ici,
pas de héros ni d'anti-héros mais des personnages
très travaillés, Tarantino joue entre bien et mal : dans
reservoir dogs il nous fait aimer un sadique (Mr Blonde) et
détester un personnage plus tendre (Mr White). Par ce film et
par Pulp Fiction, Tarantino crée une nouvelle classe de
personnages, constituée de petits malfrats ou tueurs à
gage, il leur crée une profondeur psychologique inhabituelle
pour ce type de visage et mieux encore, il les fait réflechir.
Cette réflexion on la retrouve lors de ce qui constitue la
signature même de Tarantino, c'est à dire de longues
scènes de dialogues et de tyrades, ainsi Reservoir dogs est
introduit par un dialogue de 7 minutes orienté vers deux sujets
: le double sens de like a virgin et le pourboir pour les serveuses.
C'est comme çà qu'il présente ces personnages, de
longues palabres sur des sujets anodins, une mise en scène de
braqueurs philosophant sur une métaphore possible des grosses
queues pour la chanson de Madonna. C'est toute l'ambiguïté
de ces personnages et de son univers, il rend des braqueurs sympas en
leur donnant un aspect philosophique.
Un film de braquage sans braquage, des dialogues sans fond, comment
rester éveiller pendant une heure et demi ? Pas besoin de
pop-corns le talent de cet homme suffit, Tarantino nous tient par les
couilles tout au long du film, il garde notre attention en ne montrant
pas ce que l'on cherche à voir. Son talent ? C'est de tourner la
quasi-totalité du film dans une seule pièce :
l'entrepôt, tout le film est basé sur le hors-champ, la
description faite par les personnages étant notre seul point
d'attache. Ceci nous place constament en retard par rapport à
eux mais la tendance s'inverse quand on apprend qui est la taupe, le
"sous-marin". Ce changement renforce l'aspect puzzle du film et,
spéctateurs et acteurs n'arrivent au même niveau que sur
la magistrale dernière scène : le mexican standoff final.
Celui-ci nous apparaît dès les premières images
comme La scène culte, c'était la seule issue possible
à la psychose hantant les braqueurs dans leur recherche du
traître. Les survivants ce braquent choisissent chacun un camp :
Mr White défend Orange contre Joe et Eddie le gentil, s'en suit
un bain de sang mémorable, le braquage qui a tourné au
vinaigre prend fin dans ce vieil entrepôt tué par ses
propres braqueurs. Pas de happy end ni de bad end, juste un dernier
coup tiré par white pour tué la taupe. Pas de morale
juste du pur divertissement du pur Tarantino, certains parleront de
Reservoir dogs comme violence gratuite notament avec la scène de
l'oreille coupée mais comme l'a dit son réalisateur : si
on le lui reproches c'est parce qu'il la filme particulièrement
bien.
Critique
télérama
Le sang. Dès la fin du générique, il
s'écoule du corps blessé de Mister Orange, tandis
que,
conduisant d'une main, serrant de l'autre celle de son complice, Mister
White lui hurle que ce n'est pas grave, que ce n'est rien du tout,
qu'il va s'en sortir... Mister Orange gémit, se crispe, se
tord
: « Je vais mourir, c'est sûr que je vais mourir...
Non, tu
ne vas pas mourir, gueule Mister White, t'es médecin ou quoi
pour savoir que tu vas mourir ? »
Et pourtant le sang continue de couler lentement, mais
sûrement,
du corps de Mister Orange. Il continuera à se
répandre
tout au long du film, alors qu'il sera allongé dans un
entrepôt où le conduit Mister White, le lieu de
rendez-vous où vont s'attendre, s'engueuler et s'entretuer
les
rescapés de ce hold-up qui a mal tourné...
Unité de lieu, unité de temps, unité
d'action : le
film de Quentin Tarantino serait une tragédie, une
épure,
s'il n'y avait pas, comme dans un drame
élisabéthain,
où tous les excès sont
tolérés, au milieu
des vociférations, le corps étendu,
oublié, en
liquéfaction de Mister Orange, se vidant lentement de
lui-même... C'est fou ce qu'il y a de vie chez un homme qui
meurt, c'est fou ce qu'il y a de sang.
Et c'est dans cette contradiction apparente, ce mariage contre nature
entre la rigueur et l'exhibitionnisme, entre la tentation de ne rien
dire (le moins possible) et le désir de ne rien cacher
(hormis
ce qu'il faut taire), que va couler, immuable comme la blessure de
Mister Orange, Reservoir Dogs, un joyau « noir »,
le
premier film provocant et tranquille de Quentin Tarantino, au titre
étrange qu'il se refuse d'expliquer.
Ils sont six. Six qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam et qui ne se
fréquentent, d'ailleurs, que du bout des dents. Cinq
«
pros » réunis pour un coup en or par le caprice de
Joe
Cabot, un chauve solide et vaguement gras qui semble sorti d'un vieux
film de John Huston, affublé d'un fils aussi vaguement gras
que
lui : Nice Guy Eddie.
Six types sans autre identité que les surnoms dont les a
affublés Joe Cabot. Il y a Mister Brown, Mister Blue, Mister
Blonde, Mister White, Mister Orange et Mister Pink.
Mister Pink proteste. Pourquoi, lui, s'appellerait-il Mister Pink ?
« Parce que t'es un pédé ! »,
rugit Joe
Cabot, qui n'aime pas qu'on discute ses ordres. Justement, Mister Pink
prétend n'être pas pédé et,
par
conséquent, ne veut pas être surnommé
Mister Pink.
« Qu'est-ce que ça peut faire ? »,
laisse tomber
Mister White, goguenard. « Evidemment, ça t'est
facile
à toi... Mister White, c'est un nom qui sonne bien ! Et si
je
m'appelais Mister Purple ? Voilà qui me plairait bien !
»
« Mister Purple, gueule Joe Cabot, de plus en plus rougeaud
et
furieux, c'est le nom d'un gars engagé sur un autre coup.
» Et l'on s'attendrait presque à ce qu'il dise
«
engagé sur un autre film », tant la
scène,
lorsqu'elle survient dans un flash-back, vers les deux tiers de
Reservoir Dogs, est en porte à faux, presque comique dans la
noirceur ambiante.
Pas sérieux. Non, ils ne sont pas sérieux, ces
zozos
bleu, blanc, blond, marron, orange et rose, qui, réunis
avant le
hold-up dans un restaurant, discutent, à coups de
« _
» virils, le sens philosophique d'une chanson de Madonna
(Like a
Virgin) ou du rituel du pourboire auquel Mister Pink, encore lui, veut
se soustraire.
Et la caméra observe ces zozos avec une tendresse
à la
Cassavetes. Des travellings suaves traînent de visage en
visage,
de dos en dos, épiant la conversation rigolote de ces gens
planqués derrière leurs couleurs comme autant de
masques... Sauf que, parmi tous ces masques, il y en a un qui joue
mieux. Qui joue dans le jeu. Un traître. Un flic.
Qui ? Qui ? Dans le hangar où Mister White a
traîné
Mister Orange, agonisant, survient Mister Pink. Puis Mister Blonde,
avec un policier qu'il a pris en otage, un pauvre flic
terrorisé, à qui il va essayer de soutirer la
vérité. Qui, parmi les présents (ou
les absents :
Mister Blue, Mister Brown) est le flic qui a tout fait foirer ?
On est alors à un moment terrifiant, au « point de
non
retour », comme dirait Boorman, où, les masques
étant brisés, les personnages apparaissent
à nu,
à cru. Mister White, par exemple, se
révèle
être un tendre. Comment lutter contre ça ? Est-ce
de sa
faute si, en dépit des consignes strictes de Joe Cabot, un
sentiment incongru l'amitié l'a poussé
à
révéler, oh, presque rien, son prénom
et son
métier à l'un de ses complices. Au flic,
peut-être...
Et est-ce la faute de Mister Blonde, s'il est, lui, un sadique ?
Comment lutter contre ça aussi ? Blonde martyrise, comme
d'autres font le bien. Alors, il attache son otage sur une chaise, met
la radio et, sur l'air de Stuck in the middle with you, un vieux
succès des seventies, il entame une danse
meurtrière
à base de rasoir et de bidon d'essence avec allumettes...
Séquence insoutenable et presque drôle.
Glaçante et
tragi-comique dans ce qu'elle révèle sur l'homme,
incapable de ne pas suivre aveuglément sa nature, quelles
que
soient les circonstances, sans souci de la vie : celle d'autrui et la
sienne propre. Comme tous les grands auteurs de films noirs, Tarantino
observe l'éveil d'instincts provisoirement en sommeil. En
fait,
Hawks ne faisait rien d'autre, lorsqu'il réalisait Scarface.
Mais le cinéma des années 30, même s'il
peignait la
violence, restait pétri d'innocence. Tarantino, lui, a lu
tous
les livres et vu tous les films notamment ceux avec Lee
Marvin,
auquel il est fait ici plusieurs fois allusion, Le Point de non retour
de Boorman, mais aussi A bout portant de Don Siegel.
En fait, sa méthode s'apparente à celle du flic
chargé d'infiltrer le groupe de Joe Cabot. On le voit, le
flic,
répéter, devant son supérieur et
devant son
miroir, un épisode de sa vie de faux gangster, une histoire
inventée qui lui permettra de gagner la confiance de la
bande.
Il la répète, il la répète
son histoire. Il
en travaille chaque intonation, chaque geste, il se l'approprie afin,
non pas de la rendre vraie, mais crédible. Eh bien,
voilà
exactement ce que fait Tarantino (1). Son intrigue ? Un hold-up
raté. Ses personnages ? De semi-ringards qui ont vu trop de
films. Autant de clichés.
Mais ces clichés, il arrive à les
réinventer. Le
hold-up raté, par exemple, qu'on s'attendrait à
voir, eh
bien, il ne nous le montre pas ! Quant aux semi-ringards, il les rend
passionnants en éclairant leur passé au moyen de
flash-backs qui dessinent un puzzle fascinant.
Le jeu outrancier des comédiens accentue encore l'artifice.
Harvey Keitel, Tim Roth et Michael Madsen, qui tous surjouent avec un
naturel désarmant, échappent à la
caricature. Ils
deviennent des « caricatures de chair », si l'on
ose dire.
Quand, lors du dénouement, deux corps étendus,
exsangues,
tentent en grimaçant de douleur, comme dans une sorte de
ralenti, de s'appuyer l'un sur l'autre pour se donner un dernier coup
ou, peut-être, une caresse d'adieu, on est à la
frontière exacte du dérisoire et du sublime -
Pierre Murat
(1) Il s'amuse même comme un fou à mêler
le faux et
le vrai, le vrai et le crédible. Exemple : le flic raconte
aux
truands son histoire inventée. Soudain, Tarantino glisse un
plan
très bref, où le flic raconte son histoire
inventée, non plus aux truands, mais aux personnages qu'il a
précisément inventés pour
séduire les
truands...